Mauvaises ?

Pour les rater, il faut le vouloir. Elles crient très fort sur la toile et pas toujours très poliment. Elles écrivent même des livres ! Elles idolâtrent Badinter et s’offrent même des sorties TV chez Arte ou France 5 (que je n’ai malheureusement pas pu voir).

Ill. Carl PearceElles font des petits et lèvent aussi (comme le bon grain la mauvaise herbe) des troupeaux de leurs congénères à leur suite. Elles, se sont les mauvaises mères. Ou mères indignes, comme elle s’appellent aussi.
Des mauvaises mères ? Qui oserait s’affubler de son plein gré de ce qualificatif infâmant ? Les Mauvaises Mères, voyons !
Il paraît que c’est en réaction au phénomène des « mères parfaites », entendez sous ce sous-entendu (pas vraiment « sous » d’ailleurs …) les « mères-maternage-proximal », au package « allaitement au sein, couches lavables, education sans violence et toutes sortes de retours à la nature, alternatif et tutti quanti ». Tendance qui était d’ailleurs elle-même une réaction à l’artificialisation et la dé-responsabilisation de la parentalité. Une réaction à la réaction, en quelque sorte.

Comment ça, ça fait beaucoup de grands mots ? OK, je vous fait ça plus clair, les « mauvaises mères », ce sont celles qui se vautrent dans la fange des aveux publiques de leurs imperfections assumées dans l’éducation de leurs enfants (et en plus, elles aiment ça). Ça fait peur ? Quelques petits exemples (attention les yeux, âmes sensibles …). Une mauvaise mère laisse son fils ramasser les chocapics tombés du petit déjeuner de la veille (bouuuuuh ! pas bien !), une mauvaise mère pique une piécette dans la tirelire de sa fille pour la filer à la petite souris (rhhhaaa la vilaine), une mauvaise mère oublie de venir chercher sa gamine à la crêche (oh la la ! jamais une mère parfaite ne ferait ça !!!). Les anecdotes pleuvent, croustillantes à souhait, on se bidonne, on en rajoute une couche. Ahhhh ça fait du bien de se sentir « mauvaise au milieu des parfaites » ! Après le « bad boy » très à la mode il y a quelques années, voici donc le phénomène « bad mommy » qui séduit, rassure, fait rire et déculpabilise et soulage, hydrate et protège. Est ce que la « single bad mommy » ça fait craquer les hommes aussi ? Ce serait du tout bonus !

On en profite aussi pour tirer à boulets rouges sur les autres, les « parfaites », celles de l’autre bord (les « méchantes »). Celles qui culpabilisent tout le monde avec leurs nénés à l’air, leurs airs de fakirs, leur boisson au soja bio dans la main et leurs envies de faire au mieux pour leur progéniture. Ben oui, il parait que c’est ça la perfection maternelle (ça a l’air facile, non ?).
Heureusement, donc, pour éviter une déferlante de mamans parfaites compromettant gravement l’équilibre psychologique des générations futures (et actuelles), nos mauvaises mères prennent les choses en main et assurent un bon équilibre mental au parc procréatif français (je n’ai pas été vérifier ce qui se passait ailleurs, mais croyez bien que chez nous, les mères n’ont pas le temps, ni les moyens matériels de se poser ce genre de questions). Ouf ! Nous éviterons donc une génération entière de mamans « parfaites » et d’enfants eux aussi … parfaits ?

Enfin … tout ceci, je crois, n’est qu’une vaste farce, destinée à sortir les jeunes mamans de leur baby-blues, une thérapie par le rire, en quelque sorte. En tout cas, moi, ça me distrait, vu de loin, c’est rigolo et inoffensif. Il faut bien qu’elles aient des choses à dire (aussi), ces mamans-là.

Et puis, allez, quoi, restons cool, les mauvaises mères. Vous les aimez vos marmots ? Alors finalement vous ne devez pas être si mauvaises que ça …

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